Associations, coopératives, mutuelles, fondations : un pan entier de l'économie place l'utilité sociale avant le seul profit — et il pèse, selon les acteurs du secteur, environ 10 % de l'emploi privé. Statuts, métiers, agrément ESUS : ce dossier t'ouvre les portes d'un secteur qui recrute et qui a du sens.
L'économie sociale et solidaire n'est pas un secteur d'activité, mais une autre façon d'entreprendre. On y trouve des crèches, des banques, des mutuelles santé, des recycleries, des clubs sportifs, des entreprises d'insertion… réunis non par leur métier, mais par des principes communs.
Les principes fondateurs (loi du 31 juillet 2014)
Autrement dit, l'ESS ne refuse pas l'activité économique ni la performance : elle les met au service d'un projet collectif plutôt que de la seule rémunération des actionnaires.
Historiquement, l'ESS rassemble quatre grandes familles statutaires, auxquelles s'ajoutent désormais des sociétés commerciales qui en respectent les principes :
| Famille | En bref |
|---|---|
| Associations | La famille la plus nombreuse, de la petite asso au grand réseau employeur (loi 1901). |
| Coopératives | Détenues par leurs membres : SCOP (salariés), SCIC (multi-acteurs), coopératives agricoles, bancaires… |
| Mutuelles | Organismes à but non lucratif de protection (santé, prévoyance, assurance), pilotés par leurs adhérents. |
| Fondations | Affectation de ressources à une cause d'intérêt général. |
SCOP ou SCIC ? La SCOP est détenue majoritairement par ses salariés, associés et décideurs selon « une personne, une voix ». La SCIC, elle, associe plusieurs catégories de parties prenantes (salariés, bénéficiaires, collectivités, bénévoles…) autour d'un projet de territoire à utilité sociale.
Loin d'être marginale, l'ESS représente une part substantielle de l'emploi en France. Selon les acteurs de référence du secteur (ESS France) et les données publiques :
| Indicateur | Ordre de grandeur |
|---|---|
| Part dans l'emploi privé | Environ 10 % |
| Volume d'emplois | Plusieurs millions de salariés |
| Première famille employeuse | Les associations |
Ces ordres de grandeur évoluent dans le temps. Pour les chiffres les plus récents, réfère-toi aux publications d'ESS France, de l'Avise et de l'INSEE. Un point important : l'ESS est particulièrement présente dans des secteurs en forte demande (action sociale, santé, services à la personne), ce qui en fait un vivier d'emplois durables.
On peut exercer presque tous les métiers au sein de l'ESS : le statut de l'employeur change, pas la nature du travail. On y retrouve :
L'ESS recoupe largement les métiers en tension (notamment le soin et l'accompagnement). Pour explorer ces familles de métiers, parcours notre espace fiches métiers.
L'agrément ESUS (Entreprise Solidaire d'Utilité Sociale) est une reconnaissance officielle, délivrée par les services de l'État, accordée sous conditions aux structures de l'ESS dont l'activité poursuit une utilité sociale prépondérante.
Pour un projet entrepreneurial à vocation sociale, l'agrément ESUS peut s'articuler avec les démarches classiques de création. Vois notre dossier la création d'entreprise.
L'ESS attire de plus en plus d'actifs en quête de cohérence entre leurs valeurs et leur travail. Quelques portes d'entrée concrètes :
Cette aspiration rejoint un mouvement de fond largement abordé dans notre dossier la quête de sens au travail. Et pour bâtir un projet réaliste, nos parcours t'aident à structurer chaque étape.
L'ESS désigne un ensemble d'entreprises et d'organisations qui partagent des principes communs : une finalité d'utilité sociale ou d'intérêt collectif plutôt que le seul profit, une gouvernance démocratique (une personne, une voix, indépendamment du capital détenu), une lucrativité limitée et des bénéfices majoritairement réinvestis. La loi du 31 juillet 2014 relative à l'ESS en a posé le cadre légal en France. Elle regroupe traditionnellement quatre familles statutaires — associations, coopératives, mutuelles, fondations — auxquelles s'ajoutent des sociétés commerciales qui respectent ces principes.
Toutes deux sont des sociétés coopératives. La SCOP (Société Coopérative et Participative, ou de production) est détenue majoritairement par ses salariés, qui sont associés et participent aux décisions selon le principe « une personne, une voix » ; les résultats sont largement partagés entre les salariés et l'entreprise. La SCIC (Société Coopérative d'Intérêt Collectif) a une vocation plus large d'utilité sociale : elle associe au sein d'un même projet plusieurs catégories de parties prenantes (salariés, bénéficiaires, collectivités, bénévoles, partenaires…) autour d'un projet de territoire. La SCOP est plutôt centrée sur ses salariés, la SCIC sur un collectif multi-acteurs.
L'économie sociale et solidaire représente une part substantielle de l'emploi français : selon les acteurs de référence du secteur (ESS France) et les données publiques, elle pèse environ 10 % de l'emploi privé, soit de l'ordre de plusieurs millions de salariés répartis dans des centaines de milliers d'établissements. Les associations en constituent de loin la première composante en nombre d'emplois. Ces ordres de grandeur évoluent : il convient de se référer aux publications les plus récentes d'ESS France, de l'Avise et de l'INSEE.
L'agrément ESUS (Entreprise Solidaire d'Utilité Sociale) est une reconnaissance officielle accordée, sous conditions, aux structures de l'ESS dont l'activité poursuit une utilité sociale prépondérante et qui respectent notamment des règles d'encadrement des rémunérations et de lucrativité limitée. Il est délivré par les services de l'État. Cet agrément ouvre l'accès à certains financements dédiés, en particulier l'épargne solidaire, et constitue un repère pour les partenaires et financeurs. Toutes les structures de l'ESS ne sont pas agréées ESUS : c'est une distinction supplémentaire, pas une condition d'appartenance à l'ESS.
C'est une idée reçue à nuancer. Si certaines structures, notamment associatives, disposent de moyens limités, l'ESS couvre des secteurs et des tailles d'organisation très variés (grandes mutuelles, banques coopératives, réseaux nationaux…), avec des niveaux de rémunération qui peuvent être comparables à ceux du reste de l'économie. Les rémunérations y sont en revanche souvent plus resserrées, du fait des principes de lucrativité limitée et d'encadrement des écarts. Beaucoup de salariés y trouvent surtout du sens et une cohérence entre leurs valeurs et leur travail.
Plusieurs portes d'entrée existent : les offres publiées par les structures elles-mêmes, les réseaux et plateformes spécialisées dans l'emploi de l'ESS, mais aussi le bénévolat et le volontariat (service civique notamment), qui constituent souvent un tremplin. L'Avise, agence de référence, recense de nombreuses ressources pour s'orienter vers le secteur. Les compétences recherchées sont les mêmes que dans le reste de l'économie (gestion, communication, métiers techniques, accompagnement…), avec une attention particulière portée à l'adhésion au projet et aux valeurs de la structure.
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