France Carrières
Dossier · Monde du travail · 15 min

L'économie sociale
et solidaire.

Associations, coopératives, mutuelles, fondations : un pan entier de l'économie place l'utilité sociale avant le seul profit — et il pèse, selon les acteurs du secteur, environ 10 % de l'emploi privé. Statuts, métiers, agrément ESUS : ce dossier t'ouvre les portes d'un secteur qui recrute et qui a du sens.

Mis à jour juin 2026L'équipe France CarrièresSources : ESS France, Avise, INSEE

Au sommaire

Qu'est-ce que l'ESS ?

L'économie sociale et solidaire n'est pas un secteur d'activité, mais une autre façon d'entreprendre. On y trouve des crèches, des banques, des mutuelles santé, des recycleries, des clubs sportifs, des entreprises d'insertion… réunis non par leur métier, mais par des principes communs.

Les principes fondateurs (loi du 31 juillet 2014)

  • Une finalité autre que le seul profit : utilité sociale ou intérêt collectif.
  • Une gouvernance démocratique : « une personne, une voix », indépendamment du capital détenu.
  • Une lucrativité limitée : bénéfices majoritairement réinvestis, réserves impartageables.

Autrement dit, l'ESS ne refuse pas l'activité économique ni la performance : elle les met au service d'un projet collectif plutôt que de la seule rémunération des actionnaires.

Les familles de l'ESS

Historiquement, l'ESS rassemble quatre grandes familles statutaires, auxquelles s'ajoutent désormais des sociétés commerciales qui en respectent les principes :

FamilleEn bref
AssociationsLa famille la plus nombreuse, de la petite asso au grand réseau employeur (loi 1901).
CoopérativesDétenues par leurs membres : SCOP (salariés), SCIC (multi-acteurs), coopératives agricoles, bancaires…
MutuellesOrganismes à but non lucratif de protection (santé, prévoyance, assurance), pilotés par leurs adhérents.
FondationsAffectation de ressources à une cause d'intérêt général.

SCOP ou SCIC ? La SCOP est détenue majoritairement par ses salariés, associés et décideurs selon « une personne, une voix ». La SCIC, elle, associe plusieurs catégories de parties prenantes (salariés, bénéficiaires, collectivités, bénévoles…) autour d'un projet de territoire à utilité sociale.

Un poids réel dans l'emploi

Loin d'être marginale, l'ESS représente une part substantielle de l'emploi en France. Selon les acteurs de référence du secteur (ESS France) et les données publiques :

IndicateurOrdre de grandeur
Part dans l'emploi privéEnviron 10 %
Volume d'emploisPlusieurs millions de salariés
Première famille employeuseLes associations

Ces ordres de grandeur évoluent dans le temps. Pour les chiffres les plus récents, réfère-toi aux publications d'ESS France, de l'Avise et de l'INSEE. Un point important : l'ESS est particulièrement présente dans des secteurs en forte demande (action sociale, santé, services à la personne), ce qui en fait un vivier d'emplois durables.

Métiers et employeurs de l'ESS

On peut exercer presque tous les métiers au sein de l'ESS : le statut de l'employeur change, pas la nature du travail. On y retrouve :

  • Les métiers de l'action sociale et médico-sociale : éducateurs, aides à domicile, accompagnants, travailleurs sociaux — très représentés.
  • Les fonctions support : gestion, comptabilité, ressources humaines, communication, informatique.
  • Les métiers techniques : de la recyclerie à l'agriculture coopérative, en passant par l'énergie citoyenne.
  • L'encadrement et le pilotage de projet : direction de structure, coordination, développement.

L'ESS recoupe largement les métiers en tension (notamment le soin et l'accompagnement). Pour explorer ces familles de métiers, parcours notre espace fiches métiers.

L'agrément ESUS

L'agrément ESUS (Entreprise Solidaire d'Utilité Sociale) est une reconnaissance officielle, délivrée par les services de l'État, accordée sous conditions aux structures de l'ESS dont l'activité poursuit une utilité sociale prépondérante.

  • Conditions : utilité sociale au cœur du projet, encadrement des rémunérations, lucrativité limitée.
  • Intérêt : il ouvre l'accès à certains financements dédiés, notamment l'épargne solidaire, et rassure partenaires et financeurs.
  • À retenir : toutes les structures de l'ESS ne sont pas agréées ESUS. C'est une distinction supplémentaire, pas une condition d'appartenance à l'ESS.

Pour un projet entrepreneurial à vocation sociale, l'agrément ESUS peut s'articuler avec les démarches classiques de création. Vois notre dossier la création d'entreprise.

Travailler (ou se reconvertir) dans l'ESS

L'ESS attire de plus en plus d'actifs en quête de cohérence entre leurs valeurs et leur travail. Quelques portes d'entrée concrètes :

  1. Les offres d'emploi dédiées : plateformes et réseaux spécialisés dans l'emploi de l'ESS.
  2. Le bénévolat et le volontariat (service civique notamment), souvent un excellent tremplin.
  3. La reconversion : de nombreux profils rejoignent l'ESS en seconde partie de carrière, en transférant leurs compétences.
  4. La création : monter son association, sa coopérative ou son entreprise solidaire.

Cette aspiration rejoint un mouvement de fond largement abordé dans notre dossier la quête de sens au travail. Et pour bâtir un projet réaliste, nos parcours t'aident à structurer chaque étape.

Questions fréquentes

Qu'est-ce que l'économie sociale et solidaire (ESS) ?

L'ESS désigne un ensemble d'entreprises et d'organisations qui partagent des principes communs : une finalité d'utilité sociale ou d'intérêt collectif plutôt que le seul profit, une gouvernance démocratique (une personne, une voix, indépendamment du capital détenu), une lucrativité limitée et des bénéfices majoritairement réinvestis. La loi du 31 juillet 2014 relative à l'ESS en a posé le cadre légal en France. Elle regroupe traditionnellement quatre familles statutaires — associations, coopératives, mutuelles, fondations — auxquelles s'ajoutent des sociétés commerciales qui respectent ces principes.

Quelle est la différence entre une SCOP et une SCIC ?

Toutes deux sont des sociétés coopératives. La SCOP (Société Coopérative et Participative, ou de production) est détenue majoritairement par ses salariés, qui sont associés et participent aux décisions selon le principe « une personne, une voix » ; les résultats sont largement partagés entre les salariés et l'entreprise. La SCIC (Société Coopérative d'Intérêt Collectif) a une vocation plus large d'utilité sociale : elle associe au sein d'un même projet plusieurs catégories de parties prenantes (salariés, bénéficiaires, collectivités, bénévoles, partenaires…) autour d'un projet de territoire. La SCOP est plutôt centrée sur ses salariés, la SCIC sur un collectif multi-acteurs.

Quel est le poids de l'ESS dans l'emploi en France ?

L'économie sociale et solidaire représente une part substantielle de l'emploi français : selon les acteurs de référence du secteur (ESS France) et les données publiques, elle pèse environ 10 % de l'emploi privé, soit de l'ordre de plusieurs millions de salariés répartis dans des centaines de milliers d'établissements. Les associations en constituent de loin la première composante en nombre d'emplois. Ces ordres de grandeur évoluent : il convient de se référer aux publications les plus récentes d'ESS France, de l'Avise et de l'INSEE.

Qu'est-ce que l'agrément ESUS ?

L'agrément ESUS (Entreprise Solidaire d'Utilité Sociale) est une reconnaissance officielle accordée, sous conditions, aux structures de l'ESS dont l'activité poursuit une utilité sociale prépondérante et qui respectent notamment des règles d'encadrement des rémunérations et de lucrativité limitée. Il est délivré par les services de l'État. Cet agrément ouvre l'accès à certains financements dédiés, en particulier l'épargne solidaire, et constitue un repère pour les partenaires et financeurs. Toutes les structures de l'ESS ne sont pas agréées ESUS : c'est une distinction supplémentaire, pas une condition d'appartenance à l'ESS.

Travaille-t-on forcément pour un petit salaire dans l'ESS ?

C'est une idée reçue à nuancer. Si certaines structures, notamment associatives, disposent de moyens limités, l'ESS couvre des secteurs et des tailles d'organisation très variés (grandes mutuelles, banques coopératives, réseaux nationaux…), avec des niveaux de rémunération qui peuvent être comparables à ceux du reste de l'économie. Les rémunérations y sont en revanche souvent plus resserrées, du fait des principes de lucrativité limitée et d'encadrement des écarts. Beaucoup de salariés y trouvent surtout du sens et une cohérence entre leurs valeurs et leur travail.

Comment trouver un emploi dans l'économie sociale et solidaire ?

Plusieurs portes d'entrée existent : les offres publiées par les structures elles-mêmes, les réseaux et plateformes spécialisées dans l'emploi de l'ESS, mais aussi le bénévolat et le volontariat (service civique notamment), qui constituent souvent un tremplin. L'Avise, agence de référence, recense de nombreuses ressources pour s'orienter vers le secteur. Les compétences recherchées sont les mêmes que dans le reste de l'économie (gestion, communication, métiers techniques, accompagnement…), avec une attention particulière portée à l'adhésion au projet et aux valeurs de la structure.

Pour aller plus loin

L'ESS t'attire ? Explore les métiers du soin et de l'accompagnement et les parcours pour t'y reconvertir.

Et vous, où en êtes-vous ?

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