Depuis la réforme de 2023, l'âge légal recule progressivement vers 64 ans et la durée d'assurance s'allonge. Âge, trimestres, taux plein, décote, surcote, cumul emploi-retraite, retraite progressive : ce dossier remet à plat les règles pour préparer sereinement sa fin de carrière.
La réforme des retraites de 2023 a relevé progressivement l'âge légal d'ouverture des droits, qui passe de 62 à 64 ans. Le relèvement se fait par paliers, à raison d'un trimestre supplémentaire par génération.
Trois âges à distinguer
L'âge exact qui s'applique dépend de votre année de naissance. Consultez votre relevé et vos âges personnalisés sur info-retraite.fr.
Pour le taux plein, ce n'est pas seulement l'âge qui compte, mais aussi la durée d'assurance, exprimée en trimestres. La réforme de 2023 a accéléré l'allongement déjà prévu :
| Élément | Repère |
|---|---|
| Durée requise (générations à partir de 1965) | 172 trimestres (43 ans) |
| Générations antérieures | Légèrement moins de trimestres |
| Validation d'un trimestre | Selon un revenu soumis à cotisation (≈ 150 h SMIC) |
Certaines périodes non travaillées peuvent être prises en compte (maladie, maternité, chômage indemnisé, service national…) sous forme de trimestres « assimilés ». Des dispositifs de majoration existent aussi (enfants, notamment). Le décompte précis figure sur votre relevé de carrière.
Ces deux mécanismes ajustent la pension selon que vous partez avant ou après d'avoir réuni les conditions du taux plein :
L'arbitrage « partir maintenant avec une décote » ou « attendre pour le taux plein, voire une surcote » peut représenter des écarts importants sur toute la durée de la retraite. C'est pourquoi il est conseillé de simuler plusieurs scénarios sur info-retraite.fr avant de décider.
Il est possible de reprendre une activité tout en percevant sa pension. Deux situations :
Le cumul emploi-retraite est l'un des leviers de l'emploi des seniors, abordé plus largement dans le dossier emploi des seniors.
La retraite progressive permet de lever le pied en douceur plutôt que de s'arrêter brutalement. À partir d'un certain âge et sous condition de durée d'assurance, on peut :
C'est un outil de transition de fin de carrière encore sous-utilisé, dont l'accès a été élargi par les évolutions récentes. Les conditions exactes (âge, durée, accord de l'employeur sur le temps partiel) sont à vérifier auprès de votre caisse de retraite.
La fin de carrière ne se résume pas à une date : elle se prépare, souvent plusieurs années à l'avance. Quelques réflexes utiles :
Pour celles et ceux qui veulent rester actifs autrement, l'activité indépendante peut être une piste : voir le dossier le travail indépendant.
La réforme des retraites de 2023 a relevé progressivement l'âge légal d'ouverture des droits, qui passe de 62 à 64 ans. Le relèvement se fait par paliers selon l'année de naissance, à raison d'un trimestre supplémentaire par génération, pour atteindre 64 ans pour les personnes nées à partir de 1968. L'âge exact applicable à votre situation dépend donc de votre année de naissance : il est à vérifier sur info-retraite.fr ou le site de l'Assurance retraite.
Le nombre de trimestres requis pour le taux plein dépend de l'année de naissance. La réforme de 2023 a accéléré l'allongement de la durée d'assurance prévu par la réforme de 2014 : il faut désormais 172 trimestres, soit 43 ans, pour les générations nées à partir de 1965. Pour les générations antérieures, le nombre de trimestres requis est légèrement inférieur. Le détail par génération est consultable sur info-retraite.fr.
Même sans avoir tous ses trimestres, on bénéficie du taux plein automatique (sans décote) à partir d'un certain âge, appelé âge d'annulation de la décote. Cet âge est maintenu à 67 ans par la réforme de 2023. Autrement dit, partir à 67 ans garantit un calcul au taux plein quel que soit le nombre de trimestres, même si le montant reste proratisé en fonction de la durée d'assurance.
La décote est une réduction définitive appliquée à la pension lorsqu'on part avant d'avoir le taux plein (ni la durée d'assurance requise, ni l'âge d'annulation de la décote) : son taux dépend du nombre de trimestres manquants. La surcote, à l'inverse, est une majoration accordée lorsqu'on continue à travailler au-delà de l'âge légal et après avoir atteint la durée d'assurance requise : chaque trimestre supplémentaire augmente la pension. Décote et surcote peuvent donc fortement modifier le montant final.
Oui, c'est le cumul emploi-retraite. Sous conditions (notamment avoir liquidé l'ensemble de ses pensions et atteint le taux plein), il est possible de cumuler intégralement une pension de retraite et des revenus d'activité. Depuis la réforme de 2023, la reprise d'activité en cumul intégral peut, sous conditions, générer de nouveaux droits à une seconde pension. Quand le taux plein n'est pas atteint, un cumul partiel plafonné s'applique. Les règles étant techniques, vérifiez votre situation auprès de votre caisse.
La retraite progressive permet, à partir d'un certain âge et sous condition de durée d'assurance, de réduire son temps de travail tout en percevant une fraction de sa pension. On continue ainsi à cotiser et à acquérir des droits, ce qui augmente la pension définitive au moment du départ complet. C'est un outil de transition de fin de carrière utile pour lever le pied progressivement plutôt que d'arrêter brutalement. L'âge d'accès a été abaissé dans le cadre des évolutions récentes.
La retraite est l'aboutissement d'une carrière. Anticipez la fin de parcours et explorez les leviers de l'emploi des seniors.
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