La France compte 2,4 millions d'indépendants en 2025 (URSSAF), dont 1,3 million en micro-entreprise. Choisir le bon statut est l'une des décisions les plus structurantes d'un projet d'activité freelance. Comparatif chiffré complet : micro-entreprise, EI, EURL, SASU, portage salarial — cotisations 2026, plafonds, démarches, ROI fiscal selon le chiffre d'affaires visé.
Depuis la création du statut auto-entrepreneur en 2009 (devenu micro-entrepreneur en 2016), le freelancing a explosé en France. Aujourd'hui, près de 1 actif sur 10 exerce sous statut indépendant.
| Indicateur URSSAF / INSEE 2025 | Valeur |
|---|---|
| Travailleurs indépendants total | 2 400 000 |
| Dont micro-entrepreneurs | 1 320 000 |
| Dont entreprises individuelles classiques | 550 000 |
| Dont gérants EURL / SARL | 330 000 |
| Dont président·e·s SASU / SAS | 200 000 |
| Salariés portés (portage salarial) | 120 000 |
| Nouvelles créations micro-entreprises / an | ~ 580 000 |
5 statuts à connaître pour exercer en indépendant en France : micro-entreprise, EI, EURL, SASU, portage salarial. Chacun avec ses spécificités fiscales, sociales et organisationnelles. Le bon choix dépend de 4 critères : chiffre d'affaires visé, type d'activité, protection sociale recherchée, fiscalité optimale.
Le statut le plus simple et le plus courant pour démarrer une activité freelance en solo. Création en 10 minutes en ligne sur le guichet unique INPI, comptabilité ultra-allégée, cotisations calculées en pourcentage du chiffre d'affaires (donc 0 € de CA = 0 € de cotisations).
Plafonds CA 2026 :
Cotisations sociales 2026 :
| Type d'activité | Taux URSSAF |
|---|---|
| Vente de marchandises (BIC) | 12,3 % |
| Prestations de services BIC | 21,2 % |
| Professions libérales BNC (CIPAV) | 23,1 % |
| Professions libérales BNC (autres) | 21,2 % |
| Versement libératoire IR (sur option) | + 1,0 à 2,2 % |
Avantages : création ultra-rapide, comptabilité simplissime (livre des recettes), pas de TVA jusqu'à 36 800 €, ACRE possible (exonération 50 % la 1ʳᵉ année).
Inconvénients : pas de récupération de TVA, pas de déduction de frais réels, plafonds limitants, retraite et chômage faiblement couverts, image moins professionnelle pour clients grands comptes.
Profil idéal : tester une activité, complément de revenu, freelance débutant·e avec CA < 50 000 € sans frais réels significatifs.
L'EI au régime réel est l'étape « au dessus » de la micro. Vous restez en nom propre (pas de société créée), mais vous tenez une comptabilité complète, déduisez vos charges réelles, récupérez la TVA, et cotisez sur le bénéfice.
Caractéristiques clés :
Profil idéal : freelance ayant dépassé le plafond micro ou avec charges réelles élevées (matériel, déplacements, sous-traitance), souhaitant rester en nom propre sans créer de société.
L'EURL (Entreprise Unipersonnelle à Responsabilité Limitée) est une SARL avec un·e seul·e associé·e. Vous créez une vraie société, avec capital social, statuts, compte bancaire pro et obligations comptables complètes.
Caractéristiques clés :
Profil idéal : freelance souhaitant séparer clairement patrimoine perso/pro, anticiper un développement (associé futur, salariés), optimiser fiscalement à partir de 50-80 000 € de bénéfice.
La SASU est devenue très populaire chez les freelances tech, consultants et cadres en transition. Statut juridique souple, président assimilé salarié (couvert au régime général), fiscalité avantageuse selon les cas.
Caractéristiques clés :
Optimisation fiscale classique : rémunération minimale en salaire (souvent SMIC ou un peu plus, pour valider 4 trimestres retraite) + complément en dividendes (charges sociales évitées). Sur un CA / bénéfice de 80-150 k€, l'économie peut atteindre 8-15 % du revenu vs micro.
Profil idéal : freelance avec CA > 70 000 €, secteur tech / conseil / création, souhaitant statut social cadre (retraite renforcée, prévoyance employeur) + flexibilité dividendes.
Le portage permet d'exercer une activité indépendante avec un statut salarié. Une société de portage salarial vous embauche en CDI ou CDD, vous trouvez vos clients, vous facturez via la société, qui vous reverse un salaire net après cotisations et frais de gestion (~ 8-12 % du CA).
Caractéristiques clés :
Profil idéal : cadres en transition, consultants tech, formateurs indépendants, freelances souhaitant tester l'indépendance sans créer de société, anciens salariés ayant besoin d'une transition douce avec maintien ARE.
Simulation indicative pour un freelance prestation de services intellectuels avec différents niveaux de chiffre d'affaires annuel HT.
| Critère | Micro | EI réel | EURL | SASU | Portage |
|---|---|---|---|---|---|
| Plafond CA | 77 700 € | Aucun | Aucun | Aucun | Aucun |
| Frais création | 0 € | 0 € | 300-1 500 € | 300-1 500 € | 0 € |
| Frais comptable / an | 0 € | 1 200-2 500 € | 1 500-3 000 € | 1 800-3 500 € | Inclus |
| Frais portage / an | — | — | — | — | 8-12 % du CA |
| Statut social | TNS | TNS | TNS | Assimilé salarié | Salarié |
| Droit chômage | Très partiel | Très partiel | Très partiel | Non | Oui |
| Net mensuel sur 60k€ CA | ~ 3 800 € | ~ 2 900 €* | ~ 3 100 €* | ~ 2 800 €* | ~ 3 200 € |
| Net mensuel sur 100k€ CA | Non éligible | ~ 4 800 €* | ~ 5 100 €* | ~ 5 300 €* | ~ 5 200 € |
| Net mensuel sur 150k€ CA | Non éligible | ~ 7 100 €* | ~ 7 600 €* | ~ 8 000 €* | ~ 7 500 € |
* Net mensuel calculé après cotisations sociales, hors IR et hors frais réels. Simulation indicative pour activité de prestation intellectuelle sans salariés. Vos chiffres réels dépendent de votre situation fiscale personnelle.
Règle empirique de choix
CA < 50 k€ : micro-entreprise (sauf charges réelles élevées). 50-80 k€ : EI réel ou portage selon protection sociale souhaitée. 80-150 k€ : SASU optimisée (salaire + dividendes) souvent la plus avantageuse fiscalement. > 150 k€ : SASU ou EURL à l'IS, accompagnement expert-comptable indispensable.
Depuis le 1ᵉʳ janvier 2023, toutes les créations passent par le guichet unique INPI (formalites.entreprises.gouv.fr). Plus de CFE, plus de greffe direct : un seul portail.
Étapes communes :
Aides à la création disponibles :
Voir notre parcours créer mon activité pour le détail étape par étape.
Choisir la micro par défaut sans simuler
La micro est attractive par sa simplicité, mais peut coûter cher en cotisations sur les hauts CA et ne déduit aucune charge. Faire une simulation chiffrée comparée avec un·e expert·e comptable au-delà de 40 000 € de CA.
Sous-évaluer les charges réelles cachées
Comptabilité, assurance RC pro (300-1 500 €/an), prévoyance, mutuelle, logiciels, équipement, formation continue. Compter ~ 5-15 % du CA en charges récurrentes hors cotisations.
Oublier la trésorerie de démarrage
Les premiers 3-6 mois ont souvent peu de revenus mais des frais fixes. Réserve de 6 mois de charges fixes recommandée. L'absence de trésorerie cause beaucoup d'abandons précoces.
Négliger l'assurance Responsabilité Civile Pro
RC pro fortement recommandée (obligatoire pour certaines professions réglementées). Coût 300-1 500 €/an selon activité. Une seule mise en cause peut ruiner une trésorerie sans cette couverture.
Mal anticiper la fiscalité au-delà de 70 k€ de CA
Le franchissement du seuil micro (77 700 € services) entraîne TVA + bascule réel, souvent mal préparé. Anticiper la transition vers EI réel, EURL ou SASU 3-6 mois avant le franchissement de seuil prévisible.
Non, ce sont des entités juridiques distinctes. Vous devez fermer la micro et créer la SASU (nouveau SIRET). En revanche, vous gardez votre identité, vos clients et votre antériorité commerciale.
10-20 minutes en ligne sur le guichet unique INPI. SIRET obtenu sous 5-10 jours ouvrés. Vous pouvez démarrer l'activité dès l'obtention du SIRET (facturation possible).
Selon la nature des frais réels et la situation personnelle, c'est généralement la SASU optimisée (salaire SMIC + dividendes) qui sort la meilleure rémunération nette. Différence de 5-12 % avec EI réel et 8-15 % avec micro. À chiffrer cas par cas avec un·e expert·e comptable.
Oui. Le portage salarial est un vrai contrat de travail (CDI ou CDD), donc en cas de fin de mission ou rupture, vous ouvrez des droits ARE comme tout salarié. C'est l'un des principaux atouts du portage pour les cadres en transition.
Oui, sauf clause d'exclusivité dans votre contrat salarié et hors fonction publique (sous conditions). Pensez à vérifier votre contrat de travail. Si autorisé, le cumul est très utilisé pour tester une activité freelance avant de basculer 100 % indépendant.
Non, l'ACRE n'est plus automatique depuis 2020. Pour les micro-entrepreneurs, c'est une demande à formuler dans les 45 jours suivant la création. L'exonération est de 50 % la 1ʳᵉ année (vs anciennement 100 %).
3 assurances classiques : 1) RC Pro (responsabilité civile pro, 300-1 500 €/an), 2) mutuelle santé en TNS (50-200 €/mois), 3) prévoyance pour incapacité-invalidité (100-300 €/mois). Pour certaines professions réglementées : assurance décennale, garantie financière.
Très variable. TJM moyen tech / consulting parisien : 500-900 €. TJM province ou métiers moins tendus : 250-500 €. Avec 150-180 jours facturés / an, le CA réaliste en freelance solo se situe entre 60 et 150 k€ pour la majorité des profils intellectuels.
Notre parcours de création d'activité détaille étape par étape les démarches administratives, fiscales et opérationnelles. Comparatif des accompagnements création disponibles.
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