France Carrières
Dossier · Monde du travail · 16 min

Le contrat
de travail.

CDI, CDD, intérim, temps partiel : le contrat de travail fixe le cadre de la relation entre salarié et employeur. Période d'essai, mentions obligatoires, conditions de rupture, requalification : comprendre ces règles, c'est connaître ses droits. Ce dossier décrypte l'essentiel, sans jargon.

Mis à jour juin 2026L'équipe France CarrièresSources : Code du travail, service-public.fr, Ministère du Travail

Au sommaire

Les grands types de contrat

Le CDI est, selon le Code du travail, la forme normale et générale de la relation de travail. Les autres contrats sont, par principe, des exceptions encadrées.

ContratNature
CDIDurée indéterminée, sans terme prévu
CDDTâche précise et temporaire, motif imposé par la loi
IntérimMise à disposition par une agence d'emploi (relation triangulaire)
Temps partielDurée inférieure au temps plein légal ou conventionnel

Le CDD et l'intérim ne peuvent être utilisés que dans des cas précis (remplacement, accroissement temporaire d'activité, emploi saisonnier…), et jamais pour pourvoir durablement un emploi lié à l'activité normale de l'entreprise. À la fin d'un CDD ou d'une mission d'intérim, une indemnité de fin de contrat (dite « prime de précarité ») est en principe due, sauf exceptions.

Les mentions obligatoires

Un CDD, un contrat d'intérim et un contrat à temps partiel doivent être écrits et comporter des mentions précises. Parmi les informations généralement attendues dans un contrat de travail :

  • L'identité des parties et la date d'embauche.
  • L'intitulé du poste, la qualification et les fonctions.
  • Le lieu de travail et la durée du travail.
  • La rémunération et ses composantes.
  • La convention collective applicable.
  • Pour un CDD : le motif précis, le terme ou la durée minimale, et le poste concerné.

L'employeur doit par ailleurs remettre au salarié des informations écrites sur les éléments essentiels de la relation de travail. L'absence d'écrit pour un CDD ou un temps partiel peut entraîner sa requalification. Le détail des droits attachés au contrat est aussi abordé dans le dossier droit du travail essentiel.

La période d'essai

La période d'essai permet à l'employeur d'évaluer les compétences du salarié, et au salarié de juger si le poste lui convient. Sa durée maximale pour un CDI dépend de la catégorie :

CatégorieDurée maximale initiale (CDI)
Ouvriers et employés2 mois
Agents de maîtrise et techniciens3 mois
Cadres4 mois

Ces durées peuvent être renouvelées une fois dans certaines limites si un accord de branche le prévoit. Pour un CDD, la période d'essai est proportionnelle à la durée du contrat, dans la limite de plafonds.

Pendant l'essai, chacune des parties peut rompre sans motif et sans indemnité, mais en respectant un délai de prévenance qui augmente avec le temps de présence. La rupture ne doit être ni abusive ni discriminatoire. Les conventions collectives pouvant fixer d'autres durées, vérifiez toujours celle qui s'applique sur service-public.fr.

Le travail à temps partiel

Est à temps partiel le salarié dont la durée de travail est inférieure à la durée légale (35 heures hebdomadaires) ou à la durée conventionnelle applicable. Le contrat à temps partiel doit être écrit et préciser notamment la durée du travail et sa répartition.

  • Une durée minimale de travail s'applique en principe (sauf exceptions et demandes du salarié), pour éviter les contrats trop courts.
  • Les heures complémentaires (au-delà de l'horaire prévu) sont encadrées et majorées.
  • Le salarié à temps partiel bénéficie des mêmes droits que le salarié à temps plein, au prorata de son temps de travail.

Le temps partiel, plus fréquent chez les femmes, pèse sur le revenu salarial annuel et contribue aux écarts analysés dans le dossier égalité femmes-hommes au travail.

La rupture du contrat

Un CDI peut prendre fin de plusieurs façons, chacune avec ses règles de procédure, de préavis et d'indemnisation :

  • La démission : à l'initiative du salarié, avec un préavis.
  • Le licenciement : à l'initiative de l'employeur, pour motif personnel ou économique, selon une procédure encadrée et avec une cause réelle et sérieuse.
  • La rupture conventionnelle : rupture amiable du CDI, homologuée par l'administration.
  • Le départ ou la mise à la retraite, et, dans les cas litigieux, la prise d'acte ou la résiliation judiciaire.

La rupture amiable est détaillée dans le dossier la rupture conventionnelle. Et selon le mode de rupture, l'accès à l'indemnisation chômage diffère : voir le dossier chômage et indemnisation.

La requalification du contrat

La requalification est un mécanisme protecteur : lorsque les règles ne sont pas respectées, le juge peut redonner au contrat sa véritable nature. Quelques cas typiques :

  • Un CDD sans motif valable, sans écrit, ou poursuivi au-delà de son terme, peut être requalifié en CDI.
  • Le recours systématique à l'intérim pour un poste durable lié à l'activité normale peut être requalifié.
  • Un temps partiel sans contrat écrit conforme peut être requalifié en temps plein.

La requalification ouvre droit à des indemnités et sécurise la situation du salarié. En cas de doute sur la régularité de son contrat, il est utile de se rapprocher d'un conseil compétent (inspection du travail, organisation syndicale, juriste).

Questions fréquentes

Quelle est la différence entre un CDI et un CDD ?

Le CDI (contrat à durée indéterminée) est la forme normale et générale de la relation de travail selon le Code du travail : il n'a pas de terme prévu. Le CDD (contrat à durée déterminée) est par nature temporaire : il ne peut être conclu que pour l'exécution d'une tâche précise et temporaire, dans des cas limitativement énumérés par la loi (remplacement d'un salarié absent, accroissement temporaire d'activité, emploi saisonnier…). Le CDD obéit à des règles strictes de durée, de renouvellement et de motif, sous peine de requalification en CDI.

Un contrat de travail doit-il obligatoirement être écrit ?

Le CDI à temps plein peut en principe être verbal, mais l'écrit est très fortement recommandé et souvent imposé par la convention collective ; par ailleurs, l'employeur doit remettre au salarié des informations écrites sur la relation de travail. En revanche, le CDD, le contrat de travail temporaire (intérim) et le contrat à temps partiel doivent obligatoirement être écrits et comporter des mentions précises. À défaut d'écrit, un CDD ou un temps partiel peut être requalifié.

Combien de temps dure une période d'essai ?

La durée maximale de la période d'essai d'un CDI est fixée par la loi selon la catégorie : de l'ordre de 2 mois pour les ouvriers et employés, 3 mois pour les agents de maîtrise et techniciens, et 4 mois pour les cadres, renouvellement éventuel compris dans certaines limites. Pour un CDD, la période d'essai est proportionnelle à la durée du contrat, dans la limite de plafonds. Les conventions collectives peuvent prévoir des durées différentes : vérifiez toujours celle qui s'applique.

Un employeur peut-il rompre librement la période d'essai ?

Pendant la période d'essai, le contrat peut être rompu par l'employeur ou le salarié sans avoir à motiver la décision et sans indemnité, mais un délai de prévenance doit être respecté, dont la durée augmente avec le temps de présence. La rupture ne doit pas être abusive ni discriminatoire : une rupture sans lien avec l'évaluation des compétences (par exemple pour un motif économique ou discriminatoire) peut être contestée.

Qu'est-ce que la requalification d'un contrat ?

La requalification consiste, pour le juge, à redonner au contrat sa vraie nature lorsque les règles n'ont pas été respectées. Par exemple, un CDD conclu sans motif valable, sans écrit, ou se poursuivant au-delà du terme, peut être requalifié en CDI. De même, le recours systématique à l'intérim pour pourvoir durablement un poste lié à l'activité normale de l'entreprise peut être requalifié. La requalification ouvre droit à des indemnités et sécurise la situation du salarié.

Quelles sont les principales façons de rompre un CDI ?

Un CDI peut prendre fin de plusieurs manières : la démission (à l'initiative du salarié), le licenciement (à l'initiative de l'employeur, pour motif personnel ou économique, avec une procédure encadrée), la rupture conventionnelle (rupture amiable homologuée), le départ ou la mise à la retraite, ou encore la prise d'acte et la résiliation judiciaire dans des cas litigieux. Chaque mode obéit à des règles de procédure, de préavis et d'indemnisation spécifiques.

Pour aller plus loin

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