France Carrières
Guide reconversion · 14 min de lecture

Rupture conventionnelle
et reconversion.

Quitter son CDI d'un commun accord, toucher une indemnité, et ouvrir ses droits au chômage pour financer une reconversion : la rupture conventionnelle est l'une des voies les plus protectrices pour changer de cap. Encore faut-il en maîtriser la procédure, le calcul de l'indemnité, les délais avant l'ARE, et savoir comment l'articuler avec un projet de formation. Voici l'essentiel, étape par étape.

Mis à jour juin 2026L'équipe France CarrièresSources : service-public.fr, Ministère du Travail, France Travail

Sommaire

Le principe

La rupture conventionnelle, c'est quoi exactement ?

La rupture conventionnelle est un mode de rupture du contrat à durée indéterminée (CDI) qui repose sur un accord entre le salarié et l'employeur. Ce n'est ni un licenciement, ni une démission : les deux parties conviennent ensemble des conditions de la fin du contrat.

Elle présente deux atouts décisifs pour qui veut se reconvertir : elle donne droit à une indemnité de rupture, et elle ouvre droit, sous conditions habituelles, à l'allocation d'aide au retour à l'emploi (ARE). De quoi disposer d'un filet de sécurité pendant la transition.

Attention toutefois : elle suppose l'accord de l'employeur. Personne ne peut l'imposer à l'autre. C'est donc une voie à négocier, qui ne convient pas à toutes les situations — nous verrons plus loin les alternatives.

Pas à pas

La procédure, étape par étape

La rupture conventionnelle est strictement encadrée par le Code du travail, pour protéger le consentement du salarié. Les grandes étapes :

  1. 1

    Le ou les entretiens

    Salarié et employeur se rencontrent pour convenir du principe et des conditions. Le salarié peut se faire assister.

  2. 2

    La signature de la convention

    Un document écrit fixe notamment la date de fin du contrat et le montant de l'indemnité. Chaque partie en reçoit un exemplaire.

  3. 3

    Le délai de rétractation

    Pendant 15 jours calendaires, chacun peut se rétracter par écrit, sans avoir à se justifier.

  4. 4

    L'homologation

    La convention est transmise à l'administration (DDETS), qui vérifie sa conformité dans un délai d'instruction d'environ 15 jours ouvrables.

  5. 5

    La fin du contrat

    Le contrat prend fin à la date prévue, une fois l'homologation acquise. Les documents de fin de contrat sont alors remis.

Comptez donc plusieurs semaines entre le premier entretien et la fin effective du contrat. C'est un délai utile : il permet de préparer la suite, notamment son projet de reconversion.

Combien

L'indemnité de rupture conventionnelle

Le salarié perçoit une indemnité spécifique de rupture conventionnelle. La règle de base est simple : son montant ne peut pas être inférieur à l'indemnité légale de licenciement.

  • Un plancher légal : l'indemnité dépend de votre ancienneté et de votre salaire de référence, selon le barème de l'indemnité légale de licenciement.
  • Des montants parfois plus favorables : votre convention collective ou un accord peuvent prévoir mieux que le minimum légal.
  • Une marge de négociation : rien n'empêche de négocier une indemnité supérieure, le minimum n'étant qu'un plancher.

Estimez votre situation

Le montant exact dépend de votre cas précis. Le simulateur officiel sur service-public.fr permet de l'estimer. Pensez aussi à intégrer cette indemnité dans le budget global de votre projet : notre guide combien coûte une reconversion vous y aide.

Le filet de sécurité

Le droit à l'ARE après une rupture conventionnelle

C'est l'avantage qui change tout pour une reconversion : contrairement à une démission classique, la rupture conventionnelle ouvre droit à l'ARE, sous réserve de remplir les conditions habituelles (durée d'affiliation, inscription comme demandeur d'emploi, etc.).

Attention cependant au moment où l'allocation commence à être versée. Plusieurs délais se cumulent avant le premier paiement :

  • Le délai d'attente

    Un délai incompressible s'applique avant tout versement.

  • Le différé congés payés

    Lié au solde de congés payés versé à la fin du contrat.

  • Le différé spécifique d'indemnités

    Si l'indemnité de rupture dépasse le minimum légal, un différé supplémentaire s'applique, proportionnel à la part supra-légale.

Concrètement, le versement de l'ARE peut démarrer plusieurs semaines après la fin du contrat. Mieux vaut donc l'anticiper dans son budget. Pour vous projeter, voyez nos outils simulateur de droits au chômage et simulateur de cumul d'aides.

La stratégie gagnante

Articuler la rupture avec un projet de formation

La rupture conventionnelle prend tout son sens quand elle s'inscrit dans un projet préparé. L'idéal : avoir défini sa reconversion avant de quitter l'entreprise, pour enchaîner sans temps mort.

  • Préparer le projet en amont : un bilan de compétences ou le conseil en évolution professionnelle (CEP, gratuit) pour cibler le métier et la formation.
  • Mobiliser son CPF : utilisable une fois demandeur d'emploi, éventuellement complété par des aides.
  • Solliciter France Travail : des aides à la formation (comme l'AIF, sur prescription) peuvent compléter le financement, tandis que l'ARE assure un revenu.
  • Caler le calendrier : faire coïncider le début de la formation avec la fin du contrat et le versement de l'ARE pour éviter les trous de trésorerie.

Pour le détail des dispositifs et leur combinaison, voyez nos guides financer sa reconversion et les aides de France Travail.

Bien choisir

Rupture conventionnelle ou démission-reconversion ?

Les deux voies permettent de quitter un CDI tout en touchant l'ARE, mais elles ne fonctionnent pas de la même manière. Le bon choix dépend surtout de l'ouverture de votre employeur.

CritèreRupture conventionnelleDémission-reconversion
InitiativeAccord des deux partiesSalarié seul
Accord employeurIndispensableNon requis
Indemnité de ruptureOuiNon
Droit à l'AREOui (conditions habituelles)Oui, si projet validé
Condition cléNégociation aboutieProjet réel et sérieux validé

En résumé : si votre employeur est ouvert à un départ négocié, la rupture conventionnelle est souvent plus avantageuse (indemnité + ARE). S'il ne l'est pas, la démission-reconversion reste une porte de sortie, à condition de faire valider un projet réel et sérieux. Pour tester votre situation, essayez le checker démission-reconversion.

Vos questions

FAQ — rupture conventionnelle et reconversion

La rupture conventionnelle ouvre-t-elle droit au chômage ?

Oui. C'est l'un de ses grands avantages : la rupture conventionnelle est une rupture d'un commun accord du CDI qui ouvre droit, sous réserve de remplir les conditions habituelles (durée d'affiliation, inscription comme demandeur d'emploi…), à l'allocation d'aide au retour à l'emploi (ARE). C'est une différence majeure avec une démission classique, qui en principe n'y ouvre pas droit.

Quel est le montant de l'indemnité de rupture conventionnelle ?

L'indemnité spécifique de rupture conventionnelle ne peut pas être inférieure à l'indemnité légale de licenciement, calculée selon l'ancienneté et le salaire de référence. Une convention collective ou un accord peuvent prévoir un montant plus favorable, et le salarié peut négocier au-delà du minimum. Le montant exact dépend donc de votre situation ; le simulateur officiel sur service-public.fr permet de l'estimer.

Quel est le délai pour une rupture conventionnelle ?

La procédure suit plusieurs étapes encadrées : un ou plusieurs entretiens, la signature de la convention, puis un délai de rétractation de 15 jours calendaires pendant lequel chaque partie peut revenir sur sa décision. Ensuite, la convention est transmise à l'administration (DDETS) pour homologation, qui dispose d'un délai d'instruction d'environ 15 jours ouvrables. Le contrat ne prend fin qu'après ce processus.

Y a-t-il un délai de carence avant de toucher l'ARE après une rupture conventionnelle ?

Oui, comme pour les autres fins de contrat. Le versement de l'ARE ne démarre pas immédiatement : s'appliquent un délai d'attente, un différé d'indemnité de congés payés, et surtout un différé spécifique d'indemnités supra-légales si l'indemnité de rupture dépasse le minimum légal. Mieux vaut anticiper cette période sans revenu de remplacement dans son budget de reconversion.

Peut-on suivre une formation après une rupture conventionnelle ?

Tout à fait, et c'est une stratégie fréquente. Une fois inscrit comme demandeur d'emploi, vous pouvez mobiliser votre CPF, solliciter des aides de France Travail pour financer une formation, et percevoir l'ARE pendant tout ou partie de votre parcours. Préparer son projet de formation avant la rupture permet d'enchaîner sans temps mort et de sécuriser le financement.

Vaut-il mieux une rupture conventionnelle ou une démission-reconversion ?

Cela dépend du contexte. La rupture conventionnelle suppose l'accord de l'employeur et donne une indemnité plus le droit à l'ARE. La démission-reconversion permet de partir à votre seule initiative tout en touchant l'ARE, mais sans indemnité de rupture et à condition de faire valider un projet réel et sérieux. Si l'employeur est ouvert au départ négocié, la rupture conventionnelle est souvent plus avantageuse financièrement.

Et vous, où en êtes-vous ?

On fait le point ensemble ?

Quelques questions simples, et on vous dit ce à quoi vous semblez avoir droit (financements, dispositifs) et vos prochaines étapes concrètes. Gratuit, 2 minutes, sans engagement.