France Carrières
Dossier · Monde du travail · 15 min

L'apprentissage et
l'alternance.

Se former à un métier tout en étant payé, en signant un contrat avec une entreprise : c'est la promesse de l'alternance. Mais entre contrat d'apprentissage et contrat de professionnalisation, grilles de rémunération, aides aux employeurs, CFA et OPCO, le cadre mérite d'être décodé. Ce dossier fait le point, sources publiques à l'appui.

Mis à jour juin 2026L'équipe France CarrièresSources : Ministère du Travail, France Compétences, DARES

Au sommaire

Deux contrats, deux logiques

L'alternance recouvre deux contrats distincts, qui partagent le même principe — alterner périodes en entreprise et périodes en centre de formation — mais répondent à des cadres différents.

CritèreApprentissageProfessionnalisation
RattachementFormation initialeFormation continue
ObjectifDiplôme / titre RNCPQualification (diplôme, titre, CQP)
Public principal16-29 ans révolus16-25 ans + demandeurs d'emploi 26 ans et +
Formation viaCFAOrganisme de formation

Des dérogations d'âge existent dans les deux dispositifs (travailleurs handicapés, sportifs de haut niveau, projet de création d'entreprise nécessitant le diplôme préparé…). Dans tous les cas, l'alternant est un salarié à part entière, avec un contrat de travail, un employeur et un bulletin de paie.

Pour qui, et à quel âge ?

L'apprentissage est ouvert aux jeunes de 16 à 29 ans révolus (soit jusqu'à la veille des 30 ans), et dès 15 ans pour ceux ayant terminé la classe de troisième. Le contrat de professionnalisation vise les 16-25 ans en complément de formation initiale, mais aussi les demandeurs d'emploi de 26 ans et plus et certains bénéficiaires de minima sociaux.

L'alternance n'est donc pas réservée aux plus jeunes : elle est un levier puissant de reconversion à tout âge via la professionnalisation, et même via l'apprentissage sans limite d'âge pour les personnes en situation de handicap. Pour les actifs en reconversion, ce point est détaillé dans le dossier la formation tout au long de la vie.

Pour les jeunes en début de parcours, l'alternance s'inscrit dans un ensemble plus large de dispositifs d'insertion, présentés dans le dossier jeunes et premier emploi.

La rémunération de l'apprenti

La rémunération minimale d'un apprenti est fixée par le Code du travail en pourcentage du SMIC (ou du salaire minimum conventionnel s'il est plus favorable), selon l'âge et l'année d'exécution du contrat. Voici la grille de référence (pourcentages réglementaires, valeurs en euros à recalculer sur le SMIC en vigueur) :

AnnéeMoins de 18 ans18 à 20 ans21 à 25 ans*26 ans et +
1re année27 %43 %53 %100 %
2e année39 %51 %61 %100 %
3e année55 %67 %78 %100 %

* Pour la tranche 21-25 ans, le pourcentage s'applique au SMIC ou au salaire minimum conventionnel correspondant à l'emploi occupé, si ce dernier est plus favorable.

Le salaire de l'apprenti bénéficie d'un régime fiscal et social avantageux : exonération d'impôt sur le revenu dans la limite d'un plafond indexé sur le SMIC, et allègement des cotisations salariales. Le net perçu est donc proche du brut sur une large fourchette. Les seuils évoluant chaque année, vérifie la grille et les plafonds en vigueur sur service-public.fr.

La rémunération du contrat de professionnalisation suit une logique voisine, avec des planchers exprimés en pourcentage du SMIC selon l'âge et le niveau de qualification, et un minimum spécifique (souvent autour de 85 % du minimum conventionnel) pour les titulaires d'un diplôme de l'enseignement supérieur.

Les aides aux employeurs

Pour encourager le recrutement en alternance, l'État verse des aides financières aux entreprises. Leur architecture a évolué plusieurs fois ces dernières années :

  • L'aide unique aux employeurs d'apprentis, réservée aux entreprises de moins de 250 salariés préparant un diplôme ou titre de niveau bac ou infra-bac.
  • Une aide exceptionnelle à l'embauche d'alternants, dont le montant et le périmètre (taille d'entreprise, niveau de diplôme) sont régulièrement ajustés par les pouvoirs publics.
  • Des aides ciblées pour l'embauche d'alternants en situation de handicap (via l'AGEFIPH / le FIPHFP).

Les montants et conditions de ces aides changent fréquemment au gré des lois de finances. Avant tout projet de recrutement, leur niveau exact est à vérifier sur le portail de l'alternance et auprès de l'OPCO de la branche. Pour un panorama plus large des financements liés à l'emploi et à la formation, voir la page aides et financements.

CFA et OPCO : qui fait quoi

Deux acteurs structurent le financement et l'organisation de l'alternance :

  • Le CFA (centre de formation d'apprentis) dispense la formation théorique et pratique de l'apprenti, en lien avec l'entreprise. Depuis la réforme de 2018, la création de CFA a été largement libéralisée, ce qui a multiplié l'offre.
  • L'OPCO (opérateur de compétences) finance le coût pédagogique de la formation, selon un niveau de prise en charge défini par France Compétences pour chaque diplôme. Il n'y a pas de reste à charge pour l'alternant.

France Compétences, autorité nationale de régulation, fixe et révise les niveaux de prise en charge et veille à l'équilibre du système. C'est ce mécanisme qui permet à un jeune de se former sans payer sa formation, tout en étant rémunéré.

Secteurs porteurs et débouchés

L'alternance s'est massivement développée, portée par les aides et par l'ouverture aux diplômes du supérieur. Elle est particulièrement présente dans :

  • Le commerce et la vente, la restauration et l'hôtellerie, gros pourvoyeurs de contrats.
  • Le bâtiment et les métiers techniques, où l'apprentissage reste une voie royale.
  • Le numérique, la gestion et les services aux entreprises, en forte croissance via les diplômes du supérieur.
  • Le sanitaire et social et la petite enfance, portés par de forts besoins de recrutement.

Côté insertion, l'alternance affiche des résultats parmi les meilleurs : une large part des apprentis sont en emploi quelques mois après l'obtention de leur diplôme, avec des taux encore plus élevés dans les métiers en tension. Pour explorer des filières concrètes, parcours les métiers du sanitaire et social ou du numérique.

Questions fréquentes

Quelle différence entre contrat d'apprentissage et contrat de professionnalisation ?

Les deux sont des contrats en alternance, mais relèvent de logiques différentes. Le contrat d'apprentissage, rattaché à la formation initiale, vise un diplôme ou un titre inscrit au RNCP et passe par un centre de formation d'apprentis (CFA) ; il s'adresse principalement aux 16-29 ans révolus. Le contrat de professionnalisation, rattaché à la formation continue, vise une qualification (diplôme, titre, CQP) et s'adresse aux jeunes de 16 à 25 ans ainsi qu'aux demandeurs d'emploi de 26 ans et plus et à certains bénéficiaires de minima sociaux. La rémunération minimale et les règles diffèrent légèrement entre les deux.

Quel est le salaire d'un apprenti en 2026 ?

La rémunération minimale d'un apprenti est fixée par le Code du travail en pourcentage du SMIC (ou du salaire minimum conventionnel s'il est plus favorable), selon l'âge et l'année d'exécution du contrat. Elle va schématiquement d'environ 27 % du SMIC pour un apprenti de moins de 18 ans en première année à 100 % du SMIC pour un apprenti de 26 ans et plus. Le SMIC étant revalorisé régulièrement, le montant en euros évolue : vérifie toujours la grille en vigueur sur service-public.fr ou le portail de l'alternance.

L'apprenti paie-t-il des impôts et des cotisations sur son salaire ?

Le salaire de l'apprenti bénéficie d'un régime fiscal et social avantageux. Il est exonéré d'impôt sur le revenu dans la limite d'un plafond annuel indexé sur le SMIC, et les cotisations salariales sont allégées sur une partie de la rémunération. En pratique, le salaire net perçu par l'apprenti est donc proche du brut sur une large fourchette. Les règles précises (plafonds, seuils) évoluant chaque année, elles sont à vérifier auprès de l'administration fiscale et de l'URSSAF.

Quelles aides l'employeur reçoit-il pour embaucher un alternant ?

Les employeurs qui recrutent en apprentissage peuvent bénéficier d'une aide financière versée par l'État (aide unique aux employeurs d'apprentis pour les entreprises et diplômes éligibles, ou aide exceptionnelle dont le montant et le périmètre sont révisés régulièrement). Des aides existent aussi pour certains contrats de professionnalisation. Les montants et conditions étant fréquemment ajustés par les pouvoirs publics, ils sont à vérifier sur le portail de l'alternance et auprès de l'OPCO de la branche.

Qui finance la formation en alternance ?

Le coût pédagogique de la formation n'est pas à la charge de l'alternant : il est pris en charge par l'OPCO (opérateur de compétences) de la branche professionnelle, selon un niveau de prise en charge défini par France Compétences. Le CFA ou l'organisme de formation est ainsi financé sans reste à charge pour le jeune. L'apprenti perçoit un salaire tout en se formant : c'est l'un des grands atouts de la voie de l'alternance.

L'alternance débouche-t-elle vraiment sur un emploi ?

C'est l'une des voies d'insertion les plus efficaces : selon les suivis de la DARES et des ministères, une majorité d'apprentis sont en emploi quelques mois après la fin de leur contrat, avec des taux particulièrement élevés dans les filières en tension. L'alternance combine diplôme, expérience concrète et réseau professionnel, ce qui en fait un accélérateur d'insertion — sans garantie automatique, le résultat dépendant du secteur, du niveau et du projet.

Pour aller plus loin

L'alternance peut aussi servir un projet de reconversion ou de montée en compétences. Explorez les dispositifs et les financements adaptés à votre situation.

Et vous, où en êtes-vous ?

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